Façade de restaurants sous une voie ferrée la nuit, avec lanternes rouges, enseignes en kanji et vitrines de menus illustrés

Photo : Anthony Intraversato / Unsplash

Gastronomie

Comment lire un menu au restaurant au Japon (kanji, katakana, commander)

Sommaire de l'article

Pousser la porte d’un restaurant japonais sans lire la langue paraît intimidant, et pourtant la situation est plus simple qu’elle n’en a l’air. Un menu suit presque toujours la même logique, les mêmes dizaines de mots reviennent partout, et le pays a inventé plusieurs systèmes (tickets, photos, vitrines) pensés pour commander sans phrases.

Ce guide vous donne les clés pour déchiffrer une carte, repérer l’essentiel et passer commande sereinement. Il complète notre article que manger au Japon, qui présente les spécialités elles-mêmes.

En bref : pour lire un menu japonais, repérez d’abord les kanji des ingrédients (肉 viande, 魚 poisson), les katakana des plats venus d’ailleurs et les prix en yens. Beaucoup de restaurants permettent de commander sans parler : distributeur de tickets, photos, plats factices ou tablette. Quelques phrases et une application de traduction font le reste.

Les trois écritures sur un menu

Le japonais mélange trois systèmes d’écriture, et un menu les utilise tous. Savoir ce que chacun signale aide à deviner de quoi on parle, même sans tout comprendre.

  • Les kanji (caractères d’origine chinoise) écrivent le sens des mots : les ingrédients, les modes de cuisson, les noms de plats traditionnels. Ce sont eux qu’il faut repérer en priorité, par exemple 肉 (niku, viande) ou 魚 (sakana, poisson).
  • Les hiragana (écriture arrondie) servent à écrire les terminaisons, les petits mots de liaison et certains mots courants sans kanji. Sur un menu, ils prolongent souvent un kanji : dans 辛い (karai, épicé), le い est un hiragana.
  • Les katakana (écriture anguleuse) servent à écrire les mots étrangers et les emprunts : メニュー (menyū, menu), サラダ (sarada, salade), ビール (bīru, bière), デザート (dezāto, dessert). Une page pleine de katakana annonce souvent une cuisine de style occidental, un café ou une boisson.

Une astuce simple : quand un mot est en katakana, essayez de le prononcer à voix haute avec l’accent français ou anglais. Dans de nombreux cas, vous reconnaîtrez le mot.

Les cas pratiques propres au Japon

Le distributeur de tickets (shokkenki)

Dans de nombreux restaurants de ramen, de bols de riz ou de plats du jour, on commande et on paye à une machine à l’entrée. Le ticket de repas se dit 食券 (shokken) et la machine 食券機 (shokkenki). L’office national du tourisme japonais décrit ce fonctionnement : le client achète un ticket au distributeur, puis le remet au personnel de cuisine. Les boutons portent le plus souvent une photo et un prix. Insérez l’argent, appuyez sur le plat, prenez le ticket et donnez-le au comptoir ou au serveur. Notre guide des ramen détaille ce mode de commande pour ce plat.

Beaucoup de restaurants exposent en vitrine des reproductions de plats en plastique. Elles servent de menu : repérez ce qui vous plaît, puis montrez-le du doigt au serveur, ou entrez avec lui jusqu’à la vitrine. Les menus à photos fonctionnent de la même façon, avec un numéro ou le nom du plat en dessous. N’hésitez pas à pointer.

Les tablettes de commande

Dans les chaînes, les izakaya et certains restaurants de sushis, on commande de plus en plus souvent sur une tablette posée à la table ou par code QR sur son téléphone. La langue se change souvent en haut de l’écran, avec parfois une version en français ou en anglais. Sans tablette, on appelle le personnel en disant sumimasen (すみません).

L’otōshi en izakaya

Dans un izakaya (bar à plats à partager), un petit plat est servi d’office dès que vous vous asseyez. C’est l’otōshi (お通し), facturé par personne, parfois indiqué comme « frais de couvert ». Ce n’est pas une arnaque, mais une pratique de la maison : prévoyez-le dans le budget. Nous en parlons dans notre article sur les boissons japonaises et les izakaya.

Les restaurants traditionnels écrivent parfois leur carte à la main ou en colonnes verticales. Le sens de lecture va de haut en bas, avec des colonnes qui avancent de la droite vers la gauche. Les spécialités du jour sont souvent écrites sur des bandes de papier au mur. L’écriture au pinceau est plus difficile à déchiffrer, même pour une application : dans ce cas, demandez à voix haute « osusume wa nan desu ka » (おすすめは何ですか, « que conseillez-vous ? »).

Comment un menu est organisé

Un menu japonais se découpe en rubriques, souvent dans l’ordre suivant. Voici les titres que vous croiserez le plus.

Sur le menuTranscriptionSens
前菜zensaientrées
刺身sashimipoisson cru en tranches
揚げ物agemonofritures
麺類menruinouilles
丼donburibols de riz garnis
定食teishokumenu complet (plat, riz, soupe)
一品料理ippin ryōriplats à la carte
デザートdezātodesserts
飲み物nomimonoboissons

Le 定食 est souvent le meilleur rapport qualité-prix : un plat principal accompagné de riz, de soupe et de petits légumes. Quant à 日替わり (higawari), il indique un plat qui change chaque jour, par exemple un « plat du jour ». Si vous hésitez, c’est une valeur sûre.

Les mots à repérer

Une quinzaine de mots suffisent à comprendre l’essentiel.

  • 肉 (niku) : viande
  • 魚 (sakana) : poisson
  • 野菜 (yasai) : légumes
  • 卵 (tamago) : œuf
  • 辛い (karai) : épicé, piquant
  • ご飯 (gohan) : riz cuit, et par extension repas
  • 大盛り (ōmori) : grande portion
  • 並 (nami) : portion normale
  • 税込み (zeikomi) : taxes comprises
  • 税抜き (zeinuki) : hors taxes
  • おすすめ : conseillé par la maison
  • お水 (omizu) : eau

Les prix sont en yens, souvent avec le symbole ¥ ou le caractère 円 (en). Regardez la mention 税込み ou 税抜き : un prix hors taxes sera plus bas que ce que vous paierez à la caisse.

Dix plats courants, écrits comme sur un menu

Sur le menuTranscriptionDe quoi s’agit-il ?
寿司sushiriz vinaigré garni de poisson ou d’autres ingrédients
天ぷらtempurafriture légère de légumes, crevettes ou poisson
とんかつtonkatsuescalope de porc panée et frite
親子丼oyakodonbol de riz garni de poulet et d’œuf
牛丼gyūdonbol de riz garni de bœuf émincé
焼き鳥yakitoribrochettes de poulet grillées
ラーメンrāmennouilles de blé en bouillon
うどんudongrosses nouilles de blé
お好み焼きokonomiyakicrêpe salée épaisse cuite sur plaque
餃子gyōzaraviolis poêlés

Remarquez le katakana de ラーメン : le ramen est un plat importé, donc écrit dans cette écriture, alors que les plats plus anciens utilisent des kanji ou des hiragana. Pour les spécialités par région, retrouvez notre article que manger au Japon.

Les phrases utiles pour commander

Parler lentement et poliment suffit. Montrez le menu ou l’écran en même temps que vous parlez.

  • Appeler le serveur : Sumimasen (すみません).
  • Demander un menu : Menyū o onegai shimasu (メニューをお願いします).
  • Commander : Kore o kudasai (これをください), « ceci, s’il vous plaît », en montrant le plat.
  • Demander une recommandation : Osusume wa nan desu ka (おすすめは何ですか).
  • Demander de l’eau : Omizu o kudasai (お水をください).
  • Demander l’addition : Okaikei o onegai shimasu (お会計をお願いします).
  • Demander si la carte est acceptée : Kurejitto kādo wa tsukaemasu ka (クレジットカードは使えますか).
  • Signaler ce que vous ne mangez pas : Niku to sakana wa taberaremasen (肉と魚は食べられません), « je ne peux pas manger de viande ni de poisson ».
  • Remercier : Gochisōsama deshita (ごちそうさまでした) en partant.

Notez la phrase pour les aliments à éviter sur votre téléphone, ou mieux, sur une carte imprimée. L’office de tourisme japonais conseille d’ailleurs de présenter ses restrictions par écrit, en précisant qu’on évite aussi le dashi et les bouillons.

Allergies et régimes : la prudence avant tout

Le dashi, bouillon de poisson, se cache dans de nombreux plats qui paraissent végétariens, comme l’indique l’office du tourisme japonais. Pour un régime végétarien, soyez précis : dites ce que vous évitez (viande, poisson, bouillons).

En cas d’allergie grave, ne vous fiez jamais à une seule traduction automatique. Prévoyez une carte écrite en japonais, vérifiée à l’avance, et confirmez les ingrédients avec le personnel avant de commander. Nous ne donnons aucun conseil médical : en cas de doute, parlez-en à votre médecin avant le départ.

Les usages à table et pour payer

Quelques repères simples. On dit itadakimasu avant de manger et gochisōsama deshita en partant. Le pourboire n’est pas d’usage : l’office national du tourisme japonais le confirme pour les restaurants, les bars et les cafés. On règle en général à la caisse, près de la sortie, en apportant l’addition qui se trouve sur la table. Vérifiez à l’avance si le lieu accepte la carte : certains petits établissements ne prennent que les espèces.

Pour un budget réaliste, consultez notre budget pour voyager au Japon. Et si vous préférez ne pas vous soucier du menu, le konbini reste une solution simple, avec des produits étiquetés.

Les applis qui aident à lire un menu

Plusieurs outils traduisent un menu à partir d’une photo. Les plus connus sont Google Lens et Google Traduction avec le mode appareil photo : gratuits, très répandus, ils affichent la traduction directement sur l’image. Ils sont pratiques pour comprendre rapidement une carte, mais ils traduisent mot à mot et expliquent peu les plats.

MENU-PAAN est une autre option, plus ciblée sur le restaurant. C’est une appli japonaise. Vous photographiez le menu : elle le traduit en français et explique chaque plat (ingrédients, façon de le manger), avec des images de référence. Elle aide aussi à commander dans la langue locale : vous montrez l’écran au serveur, y compris pour la cuisson de la viande. Elle explique les usages de paiement locaux (taxes, service, pourboire), propose des phrases toutes faites pour le restaurant, et permet d’indiquer les aliments à éviter pour obtenir une fiche en japonais. Le menu traduit peut être partagé par QR code.

Sur iPhone, elle s’installe comme une appli classique ; sur Android ou sur ordinateur, elle s’utilise directement dans le navigateur. La version Lite est gratuite jusqu’à 3 traductions par jour, et des packs et des forfaits voyage payants sont proposés. Vous pouvez la découvrir sur le site de MENU-PAAN (lien partenaire).

Une précaution valable pour toutes ces applis : l’appli prévient elle-même que la traduction par IA peut contenir des erreurs. Confirmez donc toujours les ingrédients et les allergènes avec le serveur.

Conseils pour bien commander

  • Entrez sans craindre de vous tromper : le personnel est habitué aux voyageurs qui montrent du doigt.
  • Pour un premier repas, choisissez un 定食 ou un plat du jour (日替わり).
  • Photographiez la vitrine ou le menu avant d’entrer, pour avoir quelque chose à montrer.
  • Gardez de la monnaie : certains lieux n’acceptent que les espèces.
  • Prévoyez l’otōshi dans un izakaya et commandez en plusieurs fois.
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Sources

Questions fréquentes

Faut-il savoir lire le japonais pour manger au restaurant au Japon ?

Non. Beaucoup d'établissements affichent des photos, des plats factices en vitrine ou un menu en anglais, et les distributeurs de tickets se commandent en appuyant sur une image. Reconnaître quelques kanji (肉, 魚, 辛い) et savoir dire « kore o kudasai » (これをください) suffit pour un premier séjour.

Pourquoi trouve-t-on des mots en katakana sur un menu japonais ?

Le katakana sert surtout à écrire les mots venus de l'étranger (サラダ, ビール, デザート), les noms de boissons ou de plats importés, et parfois à mettre un mot en avant. Un menu plein de katakana annonce souvent une cuisine de style occidental ou un café.

Qu'est-ce que l'otōshi et peut-on le refuser ?

L'otōshi (お通し) est un petit plat servi d'office dans les izakaya et facturé par personne, parfois sous le nom de frais de couvert. Il fait partie du fonctionnement de la maison. Si la somme vous surprend, demandez au personnel à quoi correspond la ligne sur l'addition.

Faut-il laisser un pourboire au Japon ?

Non, le pourboire n'est pas dans les usages au restaurant. Vous payez le montant de l'addition, généralement à la caisse en sortant, et vous pouvez dire « gochisōsama deshita » pour remercier.

Une application de traduction suffit-elle si j'ai une allergie ?

Non. Une traduction automatique peut contenir des erreurs. Pour une allergie, prévoyez une carte écrite en japonais vérifiée à l'avance, et confirmez les ingrédients directement avec le personnel du restaurant. Ce guide ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé.

Comment lire un menu écrit à la main ou en colonnes verticales ?

Les menus traditionnels se lisent de haut en bas, en colonnes qui vont de la droite vers la gauche. Les plats du jour sont souvent écrits au pinceau sur des bandes de papier collées au mur : photographiez-les avec une application de traduction ou montrez-les du doigt au serveur.